labyrinth

DOCUMENTS

La grande variété de documents disponibles ne permet pas de lever le mystère sur l’affaire…

Sur le modus operandi du tueur

Le « monstre » a utilisé plus de soixante balles au cours des dix-sept ans qu’a duré sa carrière criminelle. Il a été établi qu’il s’agissait toujours de balles de type Winchester calibre .22 Long Rifle, toutes porteuses de la même lettre « H » estampillée sur la douille.

douille cal .22La douille et son estampille

Selon les enquêteurs, l’arme utilisée (jamais retrouvée) serait un Beretta (série 70, modèle 73 ou 74) à dix coups, probablement à canon allongé. Il n’a jamais été établi qu’il était muni d’un silencieux, ce qui parait vraisemblable pourtant, étant donné le faible nombre de témoignages qu’on a pu recueillir sur les meurtres. Comment expliquer que les détonations n’aient jamais été entendues d’aucun témoin, dans aucun des doubles meurtres, pourtant toujours perpétrés au coeur de la nuit noire, parfois pas si loin des premières habitations ?

berettaLe type d’arme utilisée par le tueur en série

Sang froid et cynisme effroyable
Au delà de sa cruauté sans nom, le tueur s’est distingué par son sang froid. Il n’a jamais commis la moindre erreur qui ait pu le mettre vraiment en difficulté. Son action était résolue, foudroyante, ne laissant aucune chance aux victimes. On est obligé d’imaginer qu’il s’agissait d’un individu aguerri, habitué des coups de force, des actions nécessitant lucidité et maîtrise absolue de soi. S’agissait-il, comme l’a prétendu un des avocats mêlés à l’affaire, d’un gendarme, d’un militaire ? Personne ne peut encore le certifier, mais l’hypothèse mérite d’être envisagée…

Peut-on imaginer qu’après son dernier forfait, en septembre 1985, cet impénétrable individu ait poussé le cynisme jusqu’à envoyer au palais de justice de Florence un courrier dont l’adresse était composée avec des lettres découpées dans un magazine, comme dans les romans noirs, un courrier maudit contenant un morceau de chair de sa dernière victime féminine…

lettera della monica
La lettre envoyée par le « monstre » aux autorités judiciaires florentines

Une glose interminable
Il n’est pas jusqu’au timbre collé sur l’enveloppe de cette pièce à conviction décisive qui n’ait fait l’objet assez récemment de spéculations interprétatives enténébrant un peu plus cette sinistre affaire.

franco bolloLe timbre collé sur la lettre du « monstre »

Ce timbre fait partie en effet d’une série consacrée aux châteaux forts italiens. Or, le château figurant sur le timbre est étrangement un château… sarde, situé dans la commune de Bosa.

Ce fait n’est pas anodin quand on sait l’importance qu’a joué dans cette affaire une bande de ressortissants sardes aux activités louches. Il l’est d’autant moins que le château en question présente la particularité d’héberger des fresques du XIVe siècle consacrées à des événements qui ne sont pas sans rapport avec les faits qui ont ensanglanté la Toscane.

Un des personnages peints sur les murs n’est autre que Ste Agathe, martyre chrétienne, connue pour avoir eu les seins tranchés par ses bourreaux… Une autre sainte présente sur les murs a été torturée avant d’être décapitée.

Inutile de souligner combien ces scènes de violence faite sur des femmes entre en résonance avec les crimes commis par le « monstre ».

Évidemment, le rapprochement est un peu rapide : le martyrologue chrétien est riche de ce genre de scènes et la Sardaigne n’a pas le monopole des représentations de Ste Agathe ou de Ste Réparate, qui d’ailleurs à Bosa, ne sont pas représentées au moment où elles subissent les tortures…

La présence de ce timbre sur cette enveloppe n’est peut-être qu’une simple coïncidence, mais dans le contexte de l’affaire elle ne pouvait donner lieu qu’au type de commentaires dont elle a été l’objet…

De l'énigme criminelle au fiasco judiciaire